Itinéraires pratiques, visites de Rome

Nous conseillerons au visiteur de consacrer sa premiere soiree a ROME, visite emouvante:

qu'il se fasse conduire a la piazza Venezia, qu'il monte le grand escalier du Capitole (dessine par Michel-Ange), qu'il traverse la place capitoline et qu'il contemple du haut de l'escarpement, en meme temps que les Forums illumines, leurs marbres, leurs temples, leurs colonnes, la masse sombre et boisee du Palatin qui s'enfonce dans le silence de la nuit tombante. S'il est importune par un spectacle < Sons et Lumieres >, qu'il prenne pa-tience, en attendant que la paix de la nuit enveloppe a nouveau ce decor inoubliable. Des generations de visiteurs l'ont precede, accoudes sur ce parapet, les plus illustres visiteurs que l'Italie ait jamais recus: de Charles-Quint a Goethe, de Montaigne a Chateaubriand; et tous ont eprouve la meme poignante emotion a la vue de ces quelques ruines rassemblees sur l'espace restreint ou pendant des siecles se jouerent les destins du monde civilise. Nous reviendrons les lendemain matin place de Venise, pour commencer notre premier jour de visite.

En face de nous, le blanc Monument a Victor Emmanuel II, eleve de 1885 a 1911 et auquel fut ajoute apres la Grande Guerre, le Tombeau du Soldat Inconnu. A dr., le Palais de Venise, du XVe s., jadis siege de l'Ambassade de Venise pres du Saint-Pere. Superbe l'int., avec une cour a loggias attr. a Giuliano da Maiano; dans les splendides salons est amenage le Musee du Palais de Venise qui contient de belles peintures, des sculptures, des armes etc.

A la dr. du Palais, sous la grosse tour, s'ouvre la charmante Basilique San Marco. Traversant la place San Marco qui s'etend devant la basilique, nous arrivons au haut escalier au som-met duquel se dresse l'eglise Santa Maria d'Aracoeli (1250), avec un riche int. a trois nefs, rempli d'oeuvres d'art, depuis les tom-beaux sculptes de Bregno et Donatello jusqu'aux peintures de Cavallini et Benozzo Gozzoli, aux fresques du Pintoricchio.Ensortant de l'eglise, on oblique a dr. pour aller sur la place du Capitole, chef d'oeuvre urbanistique de Michel-Ange (1536); au centre le Palais du Senat auquel Michel-Ange ajouta la fontaine et l'escalier a double revolution; de chaque cote, les palais dont il fit les dessins: a dr. le Palais des Conservateurs, a l'int, duquel sont amenages les salons du Musee des Conservateurs et du Musee Nuovo, fondamen-tales collections archeologiques, et de la Pinacotheque Capitoline. A g., le Palais du Musee Capitolin, l'une des plus extraordinaires collections de sculptures de l'Antiquite classique. Au centre de la place, la statue en bronze de Marc-Aurele l'empereur philosophe (IIe s.).

On descend, derriere le Capitole, par l'antique Clivus Capitolinus, d'ou l'on decouvre l'extraordinaire ensemble des Forums; on passe aupres des antiques Prisons Mamertines (ici furent tues les conjures de Catilina et Vercingetorix, ici, selon la legende, languirent saint Pierre et saint Paul) et l'on descend pres des ruines majestueuses du Forum de Cesar que nous longeons en nous engageant sur la Voie des Forums Imperiaux; puis nous la traversons et nous nous dirigeons vers les deux coupoles presque jumelles de Santa Maria di Loreto et Santo Nome di Maria de-vant lesquelles s'etend le Forum de Trajan; au centre se dresse la merveilleuse Colonne erigee en souvenir des expeditions de l'empe-reur en Dacie, la Roumanie d'aujourd'hui (101-106); le bas-relief qui se deroule autour de la colonne, en spirale, comprend plus de 2500 figures qui constituent le document le plus impressionnant de la sculpture romaine imperiale. En suivant la Voie des Forums de ce cote, nous arrivons devant des ruines disposees en demi-cercle: ce sont les Marches de Trajan, les grands marches de la Rome imperiale. L'endroit est majestueux; derriere les Marches, s'eleve la formidable Tour des Milices, du Moyen Age; a dr., l'harmonieux petit palais a loggia, du XVe s., des Chevaliers de Rhodes.Encontinuant dans la meme direction, nous arrivons au Forum d'Auguste et, apres les lourdes colonnes du Forum de Nerva, nous nous trouvons devant la Tour des Conti, autre tour fortifiee medievale, au coin entre la Voie des Forums Imperiaux et la via Cavour ou nous nous engageons pour prendre l'escalier qui mene a la solitaire pe-tite place ou s'eleve l'eglise San Pietro in Vin-coli; a l'int. le Moise sculpte par Michel-Ange pour le Tombeau (inacheve) de Jules II.

En parcourant les petites rues de ce quartier qui se trouve a l'emplacement de l'ancien quartier mal fame de la Suburra, on revient dans la via Cavour et traversant a nouveau la Voie des Forums Imperiaux, on se trouve a l'entree du Forum Romain: a g., les superbes voutes de la Basilique de Maxence (312); a dr., a pei-ne entres dans le Forum, la grande Basilique Emilienne, puis l'edifice de la Curie, et l'Arc de Septime Severe situes sous le flanc escarpe du Capitole.

Il est impossible de decrire cet ensemble de ruines, solennel et pathetique, au sujet duquel on trouve d'excellents guides. A g. se deroule la Voie Sacree qui commence pres de l'elegante Maison des Vestales et s'acheve par une superbe montee solitaire a l'Arc de Titus. A la g. de celui-ci, le Temple d'Antonin et Faustine, avec une belle colonnade et le Temple circulaire de Romulus, qui furent transformes en eglises chretiennes. Un peu plus loin, la blanche eglise Santa Fran-cesca Romana, avec son beau campanile du XIIe s. A dr. les pentes boisees du Mont Palatin, l'une des sept collines sur lesquelles Rome fut construite et ou les empereurs firent edifier leurs demeures. On y montera en prenant a dr. de l'Arc de Titus, pour aller admirer les Jardins Farnesiens ou le cardinal Farnese fit construire au XVIe s., un de ses < lieux de delices >, et surtout les ruines im-posantes de la Maison de Livia, de la Domus Flavia de la Domus Augustana auxquelles se melent des ruines de la premiere epoquere-publicaine, et,enfin,l'imposant Stade de Do-mitien. Redescendus du Palatin sur la Via dei Trionfi, qui s'appelle aujourd'hui plus modestement via di San Gregorio, on arrivera a l'Arc de Constantin derriere lequel s'eleve le plus celebre monument de la Rome antique, l'Amphitheatre Flavius ou Colisee (72-80).

Mais comme entre temps l'heure du dejeuner aura sonne, nous conseillons au visiteur d'aller se restaurer dans une des nombreuses et typiques < trattorie > de la voisine Appia antica, l'antique Voie Appienne. Prenant la via dei Trionfi entre le Palatin (a dr.) et le Celio (a g.) petite hauteur au sommet de la-quelle se trouvent les eglises San Gregorio et San Giovanni e Paolo, on laisse a dr. le Cirque Maxime derriere lequel s'elevent les pentes de l'Aventin et passant pres de l'Obe-lisque d'Axum apporte a Rome en 1937, apres la guerre victorieuse d'Abyssinie, on s'engage dans la large avenue bordee de grands arbres sur laquelle donnent les Thermes de Cara-calla (217 ap. J.-C.), l'un des ensembles monu-mentaux les plus grandioses de la Rome antique. Puis on prend la pittoresque et champetre via di Porta San Sebastiano, on passe sous l'Arc de Druse et la belle Porte San Se-bastiano (Ve s.), et continuant tout droit, on arrive au carrefour ou pres de la petite eglise, du Quo Vadis commence la Via Appia Antica. On suit la via Ardeatina pendant le bref par-cours qui permet de rencontrer l'un des nom-breux restaurants des alentours. Puis on re-vient au carrefour, et l'on s'engage dans la via Appia, pour le plus beau pelerinage ar-cheologique que l'on puisse faire, dans le decor de fond des Monts Albains. C'est une promenade poetique, entre les vestiges des tombeaux, des aqueducs, des villas suburbaines (a peu pres au km. 2,1, entree des Catacombes de San Callisto, la plus vaste necropole chretienne souterraine, et environ 500 metres plus loin la Basilique San Sebastiano, elle aussi avec catacombes); le tout au milieu d'une vegetation hautementdecorative qui confere aux grandioses ruines de la Rome paienne le fascinant cachet d'une gravure ancienne. Mais le parcours le plus poetique de la voie Appia commence apres le Tombeau circulaire de Cecilia Metella, transforme au XIIIe s. en manoir a tour pour les seigneurs Caetani. Apres cette promenade de quelques kilometres sur la voie Appia, on reviendra aux catacombes de San Callisto et l'on prendra a g. la via delie Sette Chiese qui mene a la basilique Saint-Paul-hors les-Murs, la plus grande eglise de Rome, apres Saint-Pierre, edifiee en 314 mais detruite par un incendie en 1823 puis recontruite dans ses formes primitives; on put sauver de l'incendie le su-perbe Tabernacle d'Arnolfo di Cambio (XIIIe s.), les splendides mosaiques venitiennes de l'abside, le cloitre roman.

Par la via Ostiense, on arrive a la Porte San Paolo, flanquee d'un cote des Murailles Aureliennes avec la Pyramide de Caius Ces-tius, sepulcre de l'epoque d'Auguste, pres de laquelle se trouve le poetique Cimetiere protestant ou sont ensevelis Keats et Shelley. Nous parcourons rapidement la via delia Pira-mide Cestia et le viale Aventino, en direction de la via dei Trionfi et du Colisee; mais arri-ves sous San Gregorio, nous montons a dr. sur le mont Celio, jusqu'a la via Claudia au bout de laquelle se dressent, l'une en face de l'autre, les eglises Santa Maria in Domnica (aupres, le jardin de la Villa Celimontana, du XVIe s.), et Santo Stefano Rotondo, severe edifice circulaire du Ve s. Par la via di Santo Stefano, nous arrivons a piazza San Giovanni in Laterano, ou se dresse le sobre Palais du Latran qui fut residence pontificale (a l'int. Musee Archeologique); aupres, s'eleve la fa-cade laterale de la Basilique San Giovanni dont l'entree principale donne sur la voisine piazza di Porta San Giovanni, scenographique, monumentale, bordee du cote gauche par les antiques murailles. Saint-Jean-du-Latran, avec facade de Galilei (1735) etint. XVIIedeBor-romini, est la Cathedrale de Rome: on visi-tera le poetique cloitre du XIIIe s. et le Bap-tistere, a plan central, du Ve s. Nous revenons vers le Colisee par la via di San Giovanni in Laterano: a proximite l'une de l'autre, de chaque cote de la rue s'elevent deux inte-ressante eglises: la vieille Basilique San Cle-mente, constituee par deux eglises super-posees (VIe et XIIe s.) avec de splendides mosaiques, des fresques du IXe s., d'autres fresques de Masolino da Panicale; et l'eglise Santi Quattro Coronati d'exterieur rude et austere dont le solennel int. est orne de belles fresques et qui possede peut-etre le plus beau cloitre de Rome.

Nous revenons au Colisee, et de la a la place de Venise. Nous parcourons le Corso jusqu'a la piazza Colonna et de la, montant par la via del Tritone et traversant la piazza Barberini, nous arrivons a l'elegante via Veneto, animee et mondaine ou nous pourrons passer une soiree distrayante. Le second jour, nous irons voir le Chateau Saint-Ange, puissante construction resultant de la transformation en forteresse, effectuee au Moyen Age, du Mausolee dont l'empereur Adrien voulait faire sa sepulture (135-139); la forteresse fut residence pontificale, puis ser-vit de prison; sur ses remparts Benvenuto Cellini combattit lors du. terrible sac de Ro-me de 1527. On peut visiter l'int, ou est ins-talle entre autre un Musee avec quelques bon-nes peintures. Par la via delia Conciliazione nous irons ensuite place Saint-Pierre delimi-tee par la gigantesque colonnade, chef d'oeu-vre de Bernin. Dans cette Basilique couronnee par la Cou-pole de Michel-Ange est enclos un veritable univers d'art et d'histoire, comprenant l'egli-se (on pourra monter au sommet de la cou-pole pour admirer la panorama de la ville), la Pinacotheque Vaticane, les Musees Pio Cle-mentino et Chiaramonti (ou l'on s'interessera particulierement a la section etrusque), les Appartements pontificaux, laChapelle Sixtine, laChapelle Paolinaet laChapellede Nicola V, les Chambres et les Loges de Raphael.

Mais la matinee n'a ete qu'a peine suffisan-te pour la visite du Vatican et nous conseil-lons de dejeuner dans les alentours puis de monter par la belle Promenade du Janicule, au sommet de cette colline ou s'etend la vaste place au centre de laquelle se dresse le mo-nument de Garibaldi. On pourra contempler du haut de ce fantastique belvedere, le pa-norama de la ville, puis on redescendra du cote oppose avec la monumentale Fontaine de l'Acqua Paola (1612) et l'elegante eglise re-naissance San Pietro in Montorio dont la cour est ornee d'un chef d'oeuvre de Bramante, le petit Temple circulaire (1502); on arrivera ainsi au quai du Tibre, le Lungotevere ou se trouve la celebre Villa de la Farnesina du Peruzzi (1511); a l'int., fresque de la Galatee de Raphael. En prenant la via delia Lun-gara nous arriverons au coeur du pittores-que quartier du Trastevere, a Santa Maria m Trastevere, basilique du XIIe s., avec cam-panile roman (a l'int, splendides mosaiques de l' abside, en partie de Cavallini, 1291). Par la via della Lungaretta, on arrive à piazza Sonnino et à la voisine piazza G. G. Belli, dominée par le Palais des Anguillara, du XIIIe s. (c'est ici, dit-on que Gregoriovus, captive par la seduction des vieilles pierres de la Ville Eternelle, decida d'ecrire sa monumentale < Histoire de Rome > au Moyen Age); en face de nous, au milieu du Tibre, la vieille Ile Tiberine ou s'élève l'eglise San Bartolomeo. Nous suivrons le Tibre jusqu'au Pont Palatin, pres des vestiges d'un pont romain d'epoque republicaine, et de la, par de pittoresque vieilles petites rues, nous arriverons a la Basilique Santa Cecilia, suggestive eglise pre-romane (IXe s.), precedee d'un portail ba-roque qui donne acces a un jardin silencieux orné au centre d'une fontaine. A L'int, nombreuses oeuvres d'art, Tabernacle d'Arnolfo di Cambio, mosaiques du IXe s. dans l'abside, cloitre et dans le Choeur desreligieuses fres-que du Jugement dernier, chef d'oeuvre de Cavallini (XIIIe s.). Revenus sur le Lungotevere, nous depassons le Pont Palatin et nous nous trouvons dans un autre admirable site monumental de la Rome antique et medievale: a g., intact, le Temple de la Fortune Virile (Ie s. av. J.-C.), rectangulaire; derriere celui-ci, la petite eglise San Giorgio in Velabro (VIe s.), avec fresques de Cavallini; adossees a l'eglise, les ruines de l'Arc des Argentiers et, a g. de l'eglise, le puissant Arc de Janus: au fond, la colline capitoline. A dr., le Temple de Vesta, rond, et l'une des plus belles eglises de Rome, San-ta Maria in Cosmedin (VIIIe-XIIe s.), avec la legendaire Bouche-de-la-verite. De la, nous monterons sur l'Aventin, pour admirer la Basilique Santa Sabina d'architecture raven-nate (Ve s.), peut-etre la plus solennelle et harmonieuse eglise de Rome, ornee de belles mosaiques avec un beau cloitre. Non loin de la, la place des Chevaliers de Malte. On re-cescend de l'Aventin pour arriver au Cirque Maxime (en face de nous le Palatin), et re-tournant vers Santa Maria in Cosmedin, on arrive par la rue de meme nom, au Theatre de Marcellus; a l'emplacement de son hemi-cycle on construisit, au XVIe s., le Palais Sa-velli, devenu Palais Orsini. De l'autre cote de la rue, le flanc escarpe de la Roche Tarpeienne du haut de laquelle, dans l'ancienne Rome, on jetait les traitres. Nous tournerons a la g. du Theatre de Mar-cel lus par la rue qui a pris le nom du Porti-que d'Octavie, elegant vestige romain avec adjonctions medievales, et nous nous enga-gerons dans les vieilles rues pittoresques, coupees de petites places de la vieille Rome, pour deboucher finalment sur la piazza del Gesu, ou s'eleve la facade de l'eglise del Gesu (1584), des Jesuites (a L'int, celebres fresques baroques). Nous tournerons ensuite pour un bref trajet dans la via del Plebiscite et, avant d'arriver a la place de Venise, nous prendrons, a g., le rue qui mene a la place dominee par l'imposant Palais du College Romain. De la, marchant dans la direction parallele au Corso, nous arriverons sur la scenographique piazza Sant'Ignazio et, passe la piazza di Pietra, avec sa majestueuse colonnade romaine, prenant la via di Colonna Antonina, nous debouche-rons sur la piazza Colonna centrale et ani-mee, au milieu de laquelle se dresse la Co-lonne de Marc-Aurele (193), pareille a la Co-lonne Trajane. Nous quitterons le Corso pour passer sur la voisine piazza Montecitorio, avec le Palais Montecitorio (Chambre des Depu-tes), et traversant la piazza Capranica, nous arrivons au Pantheon, l'un des plus beaux edifices de la Rome antique (Ie s.). A L'int, sont ensevelis Raphael, Arcangelo Corelli et les Rois d'Italie. Par la piazza Sant'Eustachio, bordee de beaux palais de style baroque et renaissance, notamment l'elegant Palais de la vieille Universite ou Sapienza, avec une belle coupole de Borromini, nous arrivons sur la place Navone, la plus belle place de Rome, qui occupe exactement l'emplacement de l'an-tique Cirque Agonal construit sous Domitien. La facade de l'eglise Sant'Agnese est de Bor-romini, tandis que la geniale Fontaine des Fleuves est du Bernin. Les deux architectes rivaux travaillerent en meme temps sur cette admirable place ou nous conseillons de diner et passer une bonne partie de la soiree. Puis on pourra aller flaner sur le voisin Lungote-vere ou la vue est tres belle, meme le soir. La troisieme et derniere journee romaine se-ra reservee aux quartiers centraux de caracte-re surtout renaissance. Nous nous ferons con-duire a Santa Maria Maggiore, basilique fon-dee au Ve s., remaniee aux siecles suivants et dont Fuga construisit l'harmonieuse facade que l'on voit actuellement (1743). L'int., majes-tueux, a garde l'aspect de celui de l'edifice pri-mitif; pavage cosmate (XIIe s.), plafond sculp-te attr. a G. de Sangallo, statues d'Arnolfo di Cambio et merveilleuses mosaiques dans l'ab-side (1295). Derriere l'eglise s'etend la piazza dell'Esquilino, dominee par les majestueuses absides de Santa Maria Maggiore; au centre, un obelisque egyptien et, dans la partie la plus basse, la vieille eglise Santa Pudenziana (IV?s.). Prenant la via Torino, la via del Viminale, apres la piazza dei Cinquecento, ou place de la Gare, nous arrivons a la piazza della Repubblica, ornee au centre d'une fontaine (1901), et sur laquelle s'ouvre une des rues les plus animee de la capitale, la via Nazio-nale. Derriere les gazons ombrages, s'elevent les imposantes ruines des Thermes de Dio-cletien (306 ap. J.-C.), les plus vastes, les plus parfaits de l'antiquite romaine; par une auda-cieuse solution architectonique Michel-Ange, en 1561 transforma une partie de l'edifice en basilique chretienne dediee a Santa Maria degli Angeli; du cote dr. de l'eglise est amenage le Musee National Romain ou se trouvent la plus importante collection archeologique de la capitale (statues, mosaiques, fresques). Par la via Vittorio Emanuele Orlando, passant de-vant la Fontaine des Fleuves, de style baroque on arrive dans la via XX Settembre qui aboutit sur la dr., a la Porte Pia, de Michelange; mais nous obliquerons a g., vers le Quirinal, jusqu'au carrefour de la via Quat-tro Fontane que nous suivons, en descente, presque jusqu'a la piazza Barberini; au Palais Barberini, du XVIIe s., avec son ele-gante loggia ouverte sur le jardin, (au n. 13 de via Quattro Fontane) est installee la Gale-rie Nationale, importante Pinacotheque. On traverse la piazza Barberini, ornee de la Fon-taine du Triton au centre et, continuant tout droit nous nous engageons dans l'aristo-cratique via Sistina, qui a garde le carac-tere edilitaire du XVIe s., pour deboucher sur la place lumineuse que domine 1 eglise de la Trinite-des-Monts (a L'int, belles toiles du manieriste Daniele da Volterra), au sommet du magnifique escalier qui descend a la place d'Espagne, l'un des plus beaux endroits de Rome et de tout l'urbanisme occidental. Mais nous continuerons, sur la dr., vers la Villa Medicis (XVIe s.), dont Napoleon fit le siege de l'Academie de France (derriere la villa, tres beau jardin), puis vers le piazzale du Pincio chef d'oeuvre du grand architecte Va-ladier auquel sont dus grande partie des ame-nagements urbanistiques neo-classiques de la ville; la terrasse d'ou l'on domine la place du Peuple qui s'etend au-dessous, tandis qu'en face la coupole de Saint-Pierre se detache au loin sur le ciel, est un autre site romain inou-bliable. Puis nous nous engagerons dans les avenues ombragees de la Villa Borghese, le plus grand des Parcs romains, et nous arri-verons au Casino Borghese, de Vasanzio, avec un int. fastueux ou est installee l'une des plus importantes galeries de sculptures (oeuvres classiques, du Bernin, la Pauline Borghese de Canova etc.) et de peintures, de la capitale. Traversant tout le Parc, nous arriverons, via-le Belle Arti, a la Villa Giulia splendide edi-fice construit au XVIe s. par Vignola pour le Pape Jules III (facade d'Ammannati), ou est amenage le Musee Etrusque le plus important du monde. Par la via Flaminia nous arriverons ensuite rapidement au piazzale Flaminia et, passant sous la Porte du Peuple, de Vignola et Bernin, (1561-1655), on debouche sur la superbe place du Peuple, autre chef d'oeuvre de Valadier, ornee au centre d'un obelisque egyptien en-toure de fontaines. Dans la voisine eglise San-ta Maria del Popolo se trouvent des fresques de Pintoricchio, deux toiles celebres du Cara-vage (Crucifixion de saint Pierre et Conver-sion de saint Paul), des peintures de Sebastiano del Piombo, des sculptures de Sansovino, Bregno, Mino da Fiesole, Bernin. De l'autre cote de la place, deux eglises ju-melles couronnees de scenographiques coupo-les, marquent l'entree des trois rues qui par-tent de la place vers le centre de la ville: la via del Babuino, a g., le Corso, au centre, bel- le rue en ligne droitetraversant toute la ville et qui aboutit a l'extremite opposee a la pla-ce de Venise, et la via di Ripetta qui condui-sait, jusqu'au XVIIIe s., au port fluvial de Ripetta. Nous prenons la via del Babuino, bor-dee de beaux magasins d'antiquites nous passons a g. dans la pittoresque via Margut-ta et nous arrivons a la place d' Espagne. Nous pourrons dejeuner dans les alentours, avant de reprendre notre visite qui, par 1 ele-gante via Condotti, nous amenera au Corso, non loin de l'endroit ou s'eleve l'eglise baro-que San Carlo al Corso avec sa haute coupo-le. Derriere l'eglise, sur la piazza Augusto Imperatore, se trouve le Mausolee d'Auguste, edifie (27 av. J.-C.) pour servir de sepulcre a l'empereur et a sa famille. Au coin de la via Ripetta non loin de la, on garde dans un edifice de construction moderne, les frag-ments sculpturaux de l'Ara Pacis Augustea, (13 av J.-C.). De la, nous irons a la voisine piazza Borghese, ou se pressent les treteaux des bouquinistes et marchands d'estampes en plein vent, et que domine le flanc majestueux du Palais Borghese. Par la via delia Scrota, nous irons voir l'eglise San Luigi dei Francesi qui contient un celebre chef d'oeuvre du Caravage, la Vocation de saint Mathieu. Re-venons sur nos pas dans la via della Scrofa jusqu'a hauteur de la via Sant'Agostino, ou nous nous engageons a notre gauche: dans l'eglise de meme nom, une autre toile du Ca-ravage Nous arrivons ainsi a la via dei Coro-nari mouvementee et pittoresque, bordee d'innombrables boutiques d'antiquaires et nous la suivons jusqu'au bout, jusqu' a la via del Banco di Santo Spirito, par ou nous arri-vons au Corso Vittorio Emanuele borde de nombreux monuments: a g. le majestueux en-semble monumental de l'eglise Nuova et de l'Oratoire des Filippini, de Borromini et un peu plus loin, a dr. le severe Palais de la Chancellerie, d'Andrea Bregno et Bramante, avec cour (1511). Plus loin encore, ag., le Pa-lais Massimo delle Colonne, de Peruzzi (1536) et a dr. la fastueuse eglise Sant'Andrea della Valle, avec une coupole qui est la plus haute de Rome apres celle de Saint-Pierre. Revenons sur nos pas sur le Corso Vittorio Emanuele, jusqu'au Palais de la Chancellerie et traver-sons a g., la place homonyme pour aller voir la scenographique place du Campo dei Fiori, centre de la Rome populaire du Moyen Age et de la Renaissance, d'ou l'on passe sur la place Farnese, dominee par le Palais Farnese, peut-etre le plus bel edifice civil de la Re-naissance, oeuvre d'Antonio da Sangallo le jeune et de Michel-Ange, actuellement siege de l'Ambassade de France. Nous sommes maintenant dans l'aristocratique Via Giulia la rue la plus elegante de la Rome pontificale, que nous parcourerons-sur toute sa longueur pour en gouter le charme recueilli et silen-cieux; d'abord, sur la gauche, puis revenant sur nos pas, a dr., jusqu'au Tibre ou com-mence au Pont Garibaldi, la via Arenula qui, au bout d'un bref parcours, mene au pitto-resque Largo Argentina; au centre de la place une profonde excavation avec les vestiges de temples et habitations de la Rome republicai-ne. De la, par la via de' Cestari, nous arri-vons a la place que domine la ravissante eglise Santa Maria sopra Minerva, l'unique église gothique de Rome, devant laquelle se dres-se un curieux monument compose d'un elephant portant un obelisque sur son dos. A g., un peu plus loin, les puissantes murailles posterieures du Pantheon. Par la via Pie di marmo et passant devant le College Romain, nous retournons au Corso: a notre dr. le beau Palais Doria, le plus beau palais de style ro-coco de Rome (1734), a L'int, duquel est amenagée la Galerie de peinture de meme nom. A g., devant nous, l'elegante facade XVIIe de San Marcello: nous prenons la route qui lon-ge l'eglise et nous arrivons sur la vaste place rectangulaire ou se dresse, pres de la Basili-que Santi Apostoli, le Palais Colonna, avec aL'int, la Pinacotheque de meme nom. Par la cu-rieuse via delia Pilotta, traversee par de larges arcs, nous arrivons a la Montee de la Dataria et de la a la grandiose place du Quirinal ou s'elevent les beaux palais du Quirinal, jadis residence des Papes, puis des Rois d'Italie, et de la Consulta, chef d'oeuvre de Fuga (1734): au centre, la fontaine avec le groupe sculptural hellenique des Dioscures et un obe-lisque egyptien. Redescendons par la meme rue et nous arrivons rapidement a l'endroit le mieux indique pour y passer notre derniere soiree romaine: la Fontaine de Trevi. Le matin du quatrieme jour, sortis de Rome, nous arrivons à la necropole etrusque de CERVETERI (v. it. V), d'où un parcours de 19 kms, nous mène a BRACCIANO
 
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